Supercars et pièces détachées : Quand le luxe pioche dans le « tout-venant »

Vous pensiez que votre supercar à 500 000 euros était une œuvre unique ? Détrompez-vous. Pour survivre, les artisans du rêve ont souvent dû voler des pièces aux constructeurs généralistes. Plongée dans ces secrets industriels fascinants.

C’est l’un des tabous les mieux gardés de l’industrie automobile. On imagine les ingénieurs de Lamborghini ou d’Aston Martin dessiner chaque vis sur une table à dessin. La réalité est bien plus pragmatique. Votre italienne exotique partage souvent son ADN avec la citadine de votre voisin.

La raison ? Le coût de l’homologation

Pourquoi une telle hérésie ? La réponse tient en un mot : l’homologation. Concevoir un bloc optique, le fabriquer et le faire certifier mondialement coûte une fortune. On parle de plusieurs millions d’euros juste pour un phare. Pour Toyota, c’est une goutte d’eau. Pour un artisan comme Lotus ou TVR dans les années 90, c’était une somme mortelle. La solution ? Aller faire son marché chez les géants.

L’affaire du regard japonais de la Diablo

C’est l’exemple le plus célèbre. Regardez bien les phares de la Lamborghini Diablo phase 2 (les modèles non escamotables). Ce regard menaçant n’est pas né à Sant’Agata, mais au Japon. Ce sont exactement les optiques de la Nissan 300ZX. Lamborghini a acheté la licence à Nissan. Ils ont simplement ajouté une petite bande en carbone pour masquer le logo japonais gravé sur le verre. C’est du génie économique.

Jaguar et Aston Martin : Le braquage à l’anglaise

Les Britanniques sont les rois de cette pratique. Prenons la majestueuse Jaguar XJ220, longtemps la voiture la plus rapide du monde. Elle éclaire ses poursuivants avec des feux arrière de… Rover 200. Oui, une modeste compacte grise.

La Disco Volante et son regard de cheval cabré

Même la haute couture automobile n’échappe pas à la règle du recyclage intelligent. La sublime Alfa Romeo Disco Volante, sculptée par Touring Superleggera, cache un secret de famille prestigieux. Pour donner vie à ce chef-d’œuvre, le carrossier a emprunté les yeux d’une voisine de Maranello. Regardez bien ses optiques avant : ce sont exactement ceux de la Ferrari 599 GTB. L’intégration est si parfaite qu’on jurerait qu’ils ont été dessinés spécifiquement pour ses courbes. C’est la preuve ultime qu’une greffe bien faite peut sublimer l’hôte.

Même la reine McLaren F1 n’est pas épargnée

On touche ici au sacré. La McLaren F1, conçue par le maniaque Gordon Murray, est considérée comme la meilleure voiture de l’histoire. Pourtant, elle aussi a fait les poubelles. Ses rétroviseurs aérodynamiques proviennent du coupé Volkswagen Corrado. Ses feux arrière ronds sont ceux d’un bus commercial néerlandais (Bova Futura). Murray préférait investir l’argent dans le moteur BMW V12. Qui pourrait l’en blâmer ?

Lotus, Pagani et les autres : Le système D

La liste est infinie. Les Lotus Esprit utilisaient des feux de Toyota Corolla AE86. La sublime Pagani Zonda climatisait son habitacle avec des commandes de Rover 45.

Au final, cela n’enlève rien au charme de ces autos. Au contraire, cela les rend plus humaines. C’est la preuve qu’avec du talent, on peut faire du caviar avec des restes. Ces « Frankenstein » de génie ont permis à nos rêves de rouler.

Photos : Internet et Netcarshow