On pensait l’affaire pliée. Le moteur à combustion devait s’éteindre le 31 décembre 2034. C’était sans compter sur le forcing de l’Allemagne. L’Europe vient de valider une exception majeure pour les carburants synthétiques.
C’est un coup de théâtre comme Bruxelles en a le secret. Le texte semblait gravé dans le marbre. La vente de véhicules émettant du CO2 devait être interdite en 2035. Mais Berlin a bloqué le processus au dernier moment. Le résultat est là : le moteur thermique a obtenu un sursis inespéré.
Le sauvetage par les « E-Fuels »
La porte ne s’est pas refermée totalement. Les voitures neuves à moteur thermique pourront toujours être vendues après 2035. Une seule condition s’impose : elles devront rouler exclusivement aux carburants de synthèse (e-fuels).
Ces carburants ne sont pas du pétrole raffiné. Ils sont fabriqués à partir de CO2 capté dans l’atmosphère et d’hydrogène vert. Le bilan carbone est neutre : la voiture rejette ce qui a été capté pour produire l’essence. C’est une victoire technologique pour les partisans de la neutralité, Porsche en tête.
Comment ça va marcher ?
C’est là que ça se complique. Les constructeurs devront installer des capteurs dans les réservoirs. La voiture devra refuser de démarrer si vous mettez du Sans-Plomb 95 classique. Elle ne devra accepter que l’e-fuel certifié « neutre en carbone ».
C’est un défi technique majeur. Il faut développer ces capteurs, normer le carburant et surtout, le produire. Pour l’instant, la production est anecdotique et hors de prix.
Un carburant pour les riches ?
Ne nous emballons pas. Votre future Dacia Sandero ne roulera probablement pas à l’e-fuel. Ce carburant coûte cher à produire, très cher. On parle de 2 à 3 euros le litre, hors taxes.
Cette exception sauve surtout les marques de prestige. Porsche, Ferrari ou Lamborghini peuvent respirer. Leurs clients pourront payer ce « caviar liquide » pour continuer à faire chanter leurs V8 et Flat-6. Pour le grand public, l’électrique restera l’option la plus rationnelle économiquement.
Une victoire idéologique
C’est avant tout un symbole politique. L’Europe a accepté le principe de « neutralité technologique ». Elle ne dicte plus comment atteindre le zéro émission (la batterie), mais fixe juste l’objectif.
Le moteur thermique n’est donc pas mort. Il devient une technologie de niche, un luxe pour passionnés fortunés. Mais l’essentiel est sauf : la mécanique noble a encore un avenir, même s’il sera coûteux.
Source : Commission Européenne

