100 000 Renault 5 E-Tech : Quand Douai donne une leçon d’industrie à l’Europe

C’est le chiffre du jour qui fait du bien au moral industriel tricolore. L’usine de Douai vient de cracher sa 100 000ème Renault 5 E-Tech. Une prouesse qui prouve qu’on peut encore fabriquer des voitures populaires en France sans finir sur la paille.

Renault 5 E-Tech

On nous avait répété sur tous les tons que c’était impossible. Que produire une citadine électrique en France, face aux rouleaux compresseurs chinois et aux coûts de l’énergie en Europe, relevait du suicide économique. Et pourtant, la Renault 5 E-Tech est en train de prouver le contraire avec une insolence réjouissante. La Manufacture de Douai, navire amiral du pôle ElectriCity désormais sous pavillon Ampere, vient de valider ce pari fou en franchissant ce cap symbolique des 100 000 unités sorties des chaînes.

Renault 5 E-Tech

Une victoire pour la Renault 5 E-Tech et le « Made in France »

Ce n’est pas juste un chiffre à cocher sur un tableur Excel pour rassurer les actionnaires, c’est une véritable victoire politique. Là où d’autres constructeurs délocalisent à tour de bras ou quémandent des subventions en chouinant sur la compétitivité, Renault a choisi l’attaque. La Renault 5 E-Tech incarne la concrétisation de la « Renaulution » voulue par Luca de Meo : un écosystème compact, local et réactif.

Batteries produites à Ruitz ou Douvrin, moteurs assemblés à Cléon, et montage final dans le Nord : le circuit court n’est plus un concept de bobo parisien, mais une réalité industrielle lourde. Ce maillage territorial permet non seulement de réduire l’empreinte carbone logistique, mais surtout de sécuriser la chaîne d’approvisionnement dans un monde géopolitique instable. C’est ce pragmatisme qui permet aujourd’hui à Douai de tourner à plein régime quand les usines allemandes de Volkswagen sont forcées de réduire la voilure sur l’électrique.

Renault 5 E-Tech

Renault trace sa route face à la morosité ambiante

Il faut aussi saluer le produit. La Renault 5 E-Tech n’est pas une simple voiture « néo-rétro » jouant la carte de la nostalgie facile. Avec un tel volume de production si rapidement atteint, elle devient une véritable machine de guerre pour le Losange. Elle prouve que l’électrique peut être désirable, fun et populaire, loin des « déplaçoirs » aseptisés que la concurrence nous sert trop souvent.

Alors que Stellantis joue aux chaises musicales avec ses sites de production et que les constructeurs chinois tentent de percer la muraille européenne, Renault trace sa route avec une cohérence qui force le respect. Ce succès valide la stratégie du pôle ElectriCity : concentrer la production pour écraser les coûts fixes. Reste évidemment une inconnue : ce rythme tiendra-t-il sur la durée face à une guerre des prix impitoyable ? L’avenir le dira, mais pour l’instant, ne boudons pas notre plaisir : l’industrie automobile française a encore de la reprise sous la pédale, et ça se passe à Douai.

Source : Renault