Démission de Luca de Meo : quel avenir pour Renault… et pour Alpine en F1 ?

Le départ de Luca de Meo de la direction générale de Renault Group, annoncé ce dimanche, ouvre une nouvelle page pour le constructeur français. Si les réactions officielles saluent un bilan exceptionnel, la question de la continuité stratégique, notamment pour la marque Alpine et son engagement en Formule 1, se pose désormais avec acuité.

Une démission lourde de sens

Luca de Meo quittera officiellement ses fonctions le 15 juillet 2025. Dans un communiqué sobre mais ferme, il affirme :
« Il arrive un moment dans sa vie où l’on sait que le travail est accompli. »

À sa manière, il laisse entendre que son mandat, entamé en juillet 2020, a rempli ses objectifs : redressement financier, rationalisation industrielle, relance produit et diversification technologique. L’opération Renaulution a remis Renault sur les rails après une décennie tourmentée.

Une trajectoire redressée

De Meo a réorganisé Renault autour de trois pôles forts : Renault, Dacia et Alpine. Sous sa direction, les comptes ont retrouvé l’équilibre, les lancements produits ont repris leur souffle (R5, Scénic E-Tech, etc.) et la stratégie d’électrification a été clairement posée.

Mais plus encore, c’est Alpine qui a symbolisé la transformation. D’une marque de niche, Alpine est devenue le fer de lance du haut de gamme et de la performance électrique du groupe.

Quid d’Alpine sans son plus fervent défenseur ?

Luca de Meo a personnellement porté le projet Alpine, à la fois en Formule 1, avec une structure renforcée et rebaptisée en 2021, et sur la route, avec le fameux « Dream Garage » électrique. Il en avait fait un totem de la modernité Renault, un équivalent européen de l’ambition de Porsche chez VW.

Son départ pourrait fragiliser ce projet : Alpine reste un investissement lourd, aux résultats commerciaux encore modestes et à la compétitivité F1 en dents de scie. Qui, au sein du groupe, prendra le relais de cette ambition ? Et Renault osera-t-il encore investir à long terme dans la F1, alors que d’autres priorités industrielles l’attendent ?

Quel successeur… et pour quelle vision ?

Le conseil d’administration a déclenché le processus de succession, mais aucun nom n’a été avancé. La question centrale est désormais stratégique :

  • Le futur dirigeant poursuivra-t-il le virage premium et électrique amorcé ?
  • Maintiendra-t-il la structure actuelle ou remettra-t-il en cause les marques-satellites comme Mobilize ou Ampere ?
  • Et surtout : quelle place pour Alpine dans ce nouveau paysage ?

De Meo, vers le luxe ?

Selon Reuters, De Meo pourrait prendre la tête de Kering (Gucci, YSL), un défi cohérent avec sa vision émotionnelle des marques.

Le départ de Luca de Meo ne signifie pas seulement un changement de direction chez Renault. C’est une transmission à haut risque, à un moment charnière pour le groupe. Il lègue une entreprise redressée, une vision structurée, et une marque Alpine en pleine transformation. Reste à savoir si ses successeurs auront le courage — ou le mandat — de prolonger cette ambition.

Source : Renault