La routière allemande fait son apparition en 1994 pour aller concurrencer les Mercedes Classe E et BMW Série 5. Elle apparaît avec un style résolument moderne et prône la sécurité notamment avec son système Quattro, et se base sur une plateforme traction face à une concurrence qui penche vers l’autre bord. Les années passent, la philosophie reste même si elle tend à devenir de plus en plus dynamique. Nouvelle rupture chez le constructeur aux anneaux avec le passage au tout électrique pour cette A6, en accord avec sa nomenclature « électronique » apparu avec la nouvelle A5 qu’on vous a présenté. Cap sur la C9 qui s’en remet à l’électricité. Asseyez-vous confortablement, on vous explique tout.
Porsche es-tu là?
La nouvelle mouture fait table rase du passé et se paie une nouvelle plateforme, la PPE. Cela paraît en sommes tout à fait logique, puisqu’elle ne devient qu’une voiture électrique uniquement. Cette plateforme, sur laquelle elle se repose, a été conçue par Porsche pour les grandes voitures du groupe. Le nouveau Macan repose lui aussi dessus, il y a donc fortement à parier qu’elle soit bien née. Cela permet à la berline aux quatre anneaux de ne pas prendre en longueur, ce qui est assez rare pour être souligné, et ne s’autorise que trois petits centimètres en plus aux épaules. Elle pointe donc à 4m93 de long et 1m93 de large, pour une hauteur de 1m53. Fait étonnant, la version Avant, break chez Audi, dispose des mêmes mensurations que la version Sportback.
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Dans le plancher, on retrouve des batteries similaires à ce que propose actuellement Porsche, comme par hasard. A vrai dire, il s’agit là d’une excellente nouvelle, puisque cela permet l’emport d’une batterie de 100kWh, ce qui est tout bonnement énorme. Avec une telle capacité, la cible est toute désignée. Battre l’EQE qui est excellente au jeu de l’autonomie. L’Audi se permet donc d’offrir sur sa version Performance en Sportback 757km de jus. Il faudra bien sûr confirmer cela en conditions réelles, mais la promesse est incroyable. Elle n’oublie pas non plus de se déplacer avec une certaine fougue, puisqu’elle embarque sur le train arrière un moteur électrique délivrant 367ch, ce qui lui permet de franchir la centaine kilométrique en seulement 5,4s.
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L’avantage de cette plateforme Porsche est son architecture en 800V qui permet des recharges rapides. De ce fait, les puissances de charges admises sont très importantes et peuvent aller jusqu’à 270kW. Si on traduit cela en temps, ce qui est la contrainte que l’utilisateur va subir, cela veut dire qu’il faudra seulement 21min pour faire un 10% – 80%, aux dires d’Audi. Sur wallbox, d’origine la voiture acceptera du 11kW et pourra monter à 22kW en option.
Le S-attelisation
Si avoir la tête qui se propulse dans l’appuie-tête et les reins qui s’enfonce dans le siège, c’est votre truc, alors la S6 est faite pour vous. Avec 503ch en nominale, et 550 lors du launch control, il n’y aucun doute qu’elle réponde à vos attentes. 3,9 petites secondes plus tard, 100km/h seront abattus. Comment y arrive-t-elle? Elle ajoute sur son essieu avant un nouveau moteur électrique et s’offre les services du fameux systèmes Quattro. Cela se paie côté autonomie en revanche puisqu’elle n’affiche que 648 à 676km suivant votre choix de carrosserie. Cela reste assez impressionnant dans la catégorie, Tesla se faisant rattraper, bien que la marque américaine ait une base de plus de 10 ans.
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Il est important de noter que plus tard, Audi agrémentera son offre d’une version intermédiaire Quattro de 428ch et d’une entrée de gamme en propulsion comme sa grande sœur de 286ch. Cette dernière embarquera une batterie plus petite de 83kWh.
Tout en rondeur
Le design de cette C9 tranche radicalement avec l’ancienne C8. Oubliez le côté géométrique, les arrêtes saillantes et les plies de carrosserie anguleux. On retourne aux formes plus rondes et sages d’il y a 10 ans avec une belle touche de modernité, électrique oblige. Ce qu’elle perd en caractère, car oui elle est plus fade, elle le gagne sur son Cx et son aérodynamisme excellent pour la catégorie. Comme l’Audi 100 (C3) en son temps, l’A6 devient l’Audi la plus aérodynamique de l’histoire de la marque avec un beau score de 0,21 de Cx en Sportback, et 0,24 en Avant. On comprend mieux son autonomie si impressionnante. Elle fend l’air comme jamais aucune autre n’a pu le faire auparavant.
Cela implique un design qui, fatalement, nous a immédiatement fait penser à l’EQE, plus connue sous le nom de « Beluga » par chez nous. Cela est moins marqué que du côté de l’étoile, mais assez pour qu’on y songe une seconde. Est-ce dommage ou faut-il vivre avec son temps, on vous laisse juge de cette question. Tous les éléments sur la voiture sont travaillés de sorte à améliorer son aérodynamisme.
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En style pur, la voiture adopte de nouveaux feux avant totalement en deux parties. Les feux de jour, comme sur l’A5, sont personnalisables. Les blocs optiques sont intégrés assez discrètement sur la face avant de part et d’autre d’une calandre moins caricaturale que par le passé. Les rétroviseurs peuvent s’offrir le luxe d’être en des caméras comme depuis le lancement des E-Tron. La voiture paraît plus effilée, mais cela réside dans un design qui masque pas trop mal les belles rondeurs d’une voiture assez imposante.
Sur le profil, peu de chose à dire, si ce n’est que les poignées deviennent affleurantes et électroniques. La voiture s’offre aussi un profil fastback en Sportback et trahit son hayon immédiatement avec un porte-à-faux qui semble plus court. En Avant, la plus réussie au goût de votre serviteur, on remarque une belle ligne qui allège la voiture vis-à-vis de la C8. La voiture semble plus courte aussi.
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A l’arrière, on retrouve beaucoup de l’A5 avec un bandeau complet. Ce qui détonne en revanche c’est l’intégration à la signature lumineuse du logo aux quatre anneaux. Ce n’est pas les premiers à le faire puisqu’il s’agit d’un gimmick qui était sur la Viper durant toute sa vie et sous toutes ses formes avec le logo en guise de troisième feux stop. L’Avant semble moins subir son sac à dos, et l’intègre mieux au détriment du coffre qui baisse en volume, design et batterie obligent. Les feux sont comme sur l’A5, dynamique et peuvent être configurés.
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Harmonisation
L’intérieur de cette A6 souffre d’un gros problème. D’une part, son accessibilité est moins bonne qu’auparavant à cause des batteries qui impose d’enjamber la traverse. Ensuite, malgré un empattement de 2m95, la voiture est moins habitable que par le passé. Elle souffre de ces maux avec son passage au tout électrique mais avec des mensurations quasi-similaires. Le plancher est plat, mais très haut. Les jambes s’en retrouve assez relevé, ce qui ne sera pas du goût ou top en confort pour tous. A voir en vrai.
Pour ce qui est de la planche de bord, Audi fait comme Renault ou BMW, elle harmonise l’ensemble de ses modèles vers une ambiance si ce n’est pas similaire, quasi-identique. On retrouve ainsi une grande dalle incurvée, derrière les nouveaux volants observés sur les A5 et Q6 E-Tron. Le passager en option, peut se voir octroyer les services d’un écran MMI rien que pour lui, avec une fonctionnalité permettant d’obscurcir pour le conducteur ce qui s’affiche pour des raisons de sécurité évidente. Son intégration est toutefois bien plus réussie que dans l’A5, ce qui mérite largement d’être souligné.
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Côté ADAS, la routière allemande embarque tout ce qui se fait de mieux en 2024 bien évidemment, mais il faudra avoir recours à la (longue) liste d’options pour en avoir tous les bénéfices.
Transition réussie?
La nouvelle A6 semble prendre en maturité en mettant les doigts dans la prise. Les designs Audi retrouvent un chemin d’élégance, qui avait été perdu sur la décennie écoulée. En s’offrant une autonomie excellente sans souffrir de performance médiocre, Audi met la barre très haute sur un marché qui semble très concurrentiel. Il faudra en avoir le cœur net volant en main pour faire le comparatif avec l’excellente i5 et la très convaincante EQE. Affichés à partir de 66 500 € en France en Sportback et 68 000 € en Avant, les tarifs semblent très pertinents. En revanche, pour s’offrir les services de la S6, il faudra s’alléger tout de même de 105 000 € minimum.
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