Le sujet revient sans cesse dans les conversations d’automobilistes. Les radars à intelligence artificielle vont-ils flasher le téléphone et la ceinture ? La Sécurité routière a démenti tout déploiement en 2026. Faisons le point sur ce dossier confus.
Les radars à intelligence artificielle ne verbalisent pas encore
D’abord, rappelons le point de départ. De nombreux médias ont annoncé une mise en service pour 2026. Le Figaro a ensuite corrigé cette information. Interrogée par RTL, la direction de la Sécurité routière a démenti. Aucune nouvelle fonctionnalité n’arrivera sur les radars cette année.
Ensuite, un point juridique s’impose. Un appareil doit être homologué avant de constater une infraction. Or aucun arrêté d’homologation n’a été publié pour ces usages. Les fonctions figuraient dans le projet de loi de finances pour 2025. Elles n’apparaissent plus dans le budget suivant. Un simple décret suffirait pourtant à les activer.
Quelles infractions sont visées à terme ?
La liste envisagée reste large. Elle couvre notamment le téléphone au volant et l’absence de ceinture. Le non-respect des distances de sécurité figure aussi parmi les cibles. On y trouve encore le feu rouge grillé et le dépassement par la droite. Le stationnement sur piste cyclable complète l’inventaire.
Trois comportements concentrent l’attention des autorités. Le téléphone, la ceinture et les distances causent en effet beaucoup d’accidents. Aujourd’hui, seuls des agents sur le terrain peuvent les sanctionner. Chaque infraction coûte 135 euros et trois points de permis.
Techniquement, ces systèmes s’appuient sur des caméras haute définition. Les algorithmes analysent la posture du conducteur et les contrastes lumineux. Cette logique rappelle celle des aides à la conduite embarquées. Nous l’avions décortiquée dans notre analyse des systèmes ADAS de la BMW i4.
Radars à intelligence artificielle : l’Italie ouvre la voie
Nos voisins avancent plus vite sur ce terrain. Un dispositif développé par Sodi Scientifica sera testé près de Florence. L’installation concerne l’autoroute Florence-Pise-Livourne. La caméra infrarouge contrôle plusieurs éléments simultanément. Elle vise le téléphone, la ceinture, l’assurance et le contrôle technique.
Toutefois, l’autorisation reste limitée à 90 jours, renouvelable une fois. Aucune contravention ne partira pendant cette phase d’essai. Les autorités évalueront ensuite la précision du matériel. L’Italie compte déjà près de 12 000 radars, soit bien plus que la France.
Notre avis
Ce dossier illustre surtout un problème d’information. Les annonces circulent vite, les démentis beaucoup moins. Prudence, donc, avant de relayer une date de déploiement. Sur le fond, la technologie existe et fonctionne déjà ailleurs. Son arrivée en France paraît donc probable à moyen terme. Le débat portera alors sur la fiabilité des détections. Une validation humaine reste indispensable avant tout procès-verbal. Nous suivrons évidemment la publication des futurs arrêtés.
