La McLaren McL 6GT a créé la surprise à la Monterey Car Week. Sous ce nom se cache un concept qui préfigure un modèle de série attendu en 2028. Son argument principal tient en deux mots : boîte manuelle. La marque de Woking n’en avait plus proposé sur une routière depuis la F1 de 1992. Un V8 thermique et une propulsion complètent le tableau. Surtout, cette McL 6GT ressuscite un projet que Bruce McLaren n’a jamais pu mener à terme.

McLaren McL 6GT : le rêve inachevé de Bruce McLaren
Remontons d’abord aux origines du projet. À la fin des années 1960, Bruce McLaren domine le championnat Can-Am avec sa M6A. Le fondateur imagine alors en dériver une routière, baptisée M6GT. Le projet n’ira jamais au bout, sa disparition en 1970 y mettant brutalement fin. La McL 6GT reprend donc ce fil interrompu, près de six décennies plus tard. La démarche n’a rien d’un habillage marketing plaqué sur un modèle existant. Elle ouvre en effet une gamme distincte, plus exclusive, au-delà de l’offre habituelle du constructeur. Le nom lui-même assume cette filiation directe avec la voiture jamais née.

Une boîte manuelle authentique, 34 ans après la F1
Venons-en au cœur du sujet. McLaren parle d’une boîte manuelle authentique, avec grille et pédale d’embrayage. La presse spécialisée évoque six rapports sur le prototype présenté, mais la marque ne l’a pas confirmé. La transmission envoie la puissance aux seules roues arrière. Autour, on trouve la dernière monocoque carbone ultra-légère du constructeur, habillée d’une carrosserie en carbone. La direction reste hydraulique, un choix devenu rare aujourd’hui. L’habitacle privilégie par ailleurs les commandes physiques, avec des éléments en aluminium usiné bien visibles. Chaque geste doit rester délibéré et physique, selon la philosophie revendiquée par la marque.

McLaren McL 6GT : tout ce que la marque n’a pas dit
Restons prudents, car l’essentiel manque encore. McLaren n’a communiqué ni la cylindrée du V8, ni sa puissance, ni son couple. Aucune donnée de performance n’accompagne non plus la présentation. Le prix demeure inconnu, tout comme le volume de production et la date d’ouverture des commandes. Certains médias avancent des chiffres, sans confirmation officielle. Le magazine américain Car and Driver évoque ainsi environ 500 exemplaires, pour un tarif proche de 1,5 million de dollars. Prenons donc ces éléments avec les précautions d’usage. Il s’agit pour l’instant d’un concept, et 2028 reste une échéance lointaine.

Notre avis
Chez techyourseat.fr, nous saluons d’abord le retour du plaisir analogique. Boîte manuelle, direction hydraulique, commandes physiques : la recette va à contre-courant complet. Après des années de course à la puissance et à l’électronique, ce recentrage fait du bien. McLaren ne cherche pas ici le chrono, mais la sensation. Voilà exactement ce qui manquait à une partie de la production actuelle. Le mouvement dépasse d’ailleurs la seule marque de Woking. La même semaine californienne a vu la Gordon Murray S1 et la Spyker C8 Preliator XXV défendre la même idée.
Un point nous interpelle toutefois. Le design s’éloigne nettement du langage habituel de McLaren. Les formes paraissent plus rondes, plus classiques, presque rétro par endroits. On reconnaît difficilement la signature esthétique installée depuis la MP4-12C. Ce choix se défend, puisque la voiture regarde volontairement vers 1969. Mais il crée une rupture visuelle réelle avec le reste de la gamme. Reste à voir ce que la version de série conservera de ce dessin. Nous attendons donc 2028 avec curiosité.
