Automobile

Lexus chiffre les pertes sur chaque voiture électrique vendue

La rentabilité de la voiture électrique reste un sujet tabou chez les constructeurs. Le patron de Lexus France vient pourtant de la chiffrer publiquement. Ses propos éclairent une réalité industrielle rarement exposée.

Ce que dit le patron de Lexus France

Xavier Bartone dirige Lexus France. Dans un entretien accordé à Auto Infos, il avance une fourchette précise.

Les constructeurs perdraient entre 1 000 et 3 000 euros par voiture électrique vendue. Il qualifie par ailleurs l’électrification forcée en Europe de « non-sens économique ».

Le dirigeant avance une explication industrielle. Le coût de production d’une électrique dépasserait d’au moins 20 % celui d’un modèle thermique comparable.

Le vrai point noir selon Lexus : la valeur résiduelle

L’argument le plus intéressant ne porte pas sur la fabrication. Il concerne le financement.

Selon Xavier Bartone, les loyers de location n’intègrent pas correctement la valeur future des électriques d’occasion. La rentabilité des contrats devient alors difficile à garantir.

Ce point mérite attention. En France, une large part des voitures neuves part en LOA ou en LLD. Si la valeur de revente s’effondre, le loueur absorbe la perte.

Un discours qui n’annonce pas un retrait

Lexus ne quitte pas pour autant l’électrique. La marque commercialise le SUV RZ et prépare une nouvelle berline ES.

La position est donc plus nuancée qu’il n’y paraît. Il s’agit d’une critique du calendrier réglementaire, pas de la technologie.

Notre avis

Ces déclarations doivent être lues avec le bon filtre. Lexus appartient à Toyota, un groupe historiquement attaché à l’hybride.

Le constructeur japonais défend depuis des années une transition graduelle. Ce discours sert donc aussi une stratégie commerciale.

Cela ne rend pas les chiffres faux pour autant. Plusieurs groupes européens ont reconnu des marges négatives sur leurs premières électriques.

La question de la valeur résiduelle est la plus solide du raisonnement. Elle explique en partie pourquoi les loyers restent élevés. Elle pèse aussi sur le budget des ménages, tout comme la récente hausse du prix de l’électricité.

Un contrepoint s’impose néanmoins. Les coûts de batterie continuent de baisser année après année. Les nouvelles chimies LFP réduisent encore la facture, comme le montrent les choix récents du groupe Volkswagen.

L’équation économique de l’électrique n’est donc pas figée. Elle évolue vite, dans le bon sens pour l’acheteur.

Écrit par

Ugo Missana

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