Le prolongateur au méthanol vient de faire son entrée dans le paysage automobile. Horse Powertrain, la coentreprise créée par Renault et Geely, a dévoilé son D20 lors du salon Auto China 2026. Ce bloc ne fait jamais tourner les roues. Il produit uniquement de l’électricité pour recharger la batterie de traction. Le carburant retenu surprend, puisqu’il s’agit de méthanol pur. Les chiffres annoncés méritent qu’on s’y attarde sérieusement.
Comment fonctionne ce prolongateur au méthanol
Le principe reste celui du véhicule électrique à autonomie étendue. Un moteur thermique entraîne un générateur, et l’électricité produite alimente la batterie. Ici, Horse Powertrain réunit un 2.0 turbo quatre cylindres, un générateur et l’électronique de puissance. L’ensemble ne pèse que 170 kg pour une puissance de 105 kW. Le générateur se veut par ailleurs plus compact et plus puissant que les moteurs électriques classiques. Le bloc accepte enfin des mélanges 100 % méthanol, ce qui constitue sa vraie singularité. La conformité couvre la norme Euro 7 comme le standard chinois CN6b. Un démarrage à froid au méthanol pur reste possible jusqu’à -35 °C.
Prolongateur au méthanol : un rendement annoncé de 47 %
Passons aux performances énergétiques, car elles justifient l’intérêt du projet. Horse Powertrain revendique un rendement carburant-énergie de 47 % en laboratoire. Concrètement, l’ensemble produit un kilowattheure électrique pour 2,1 kWh de méthanol brûlé. Le constructeur estime qu’il faut 19,6 litres pour recharger complètement une batterie de 40 kWh. Ces valeurs proviennent d’essais en laboratoire, précisons-le d’emblée. Elles restent donc à confirmer dans des conditions réelles d’utilisation. Rappelons enfin que le groupe Geely travaille aussi l’efficience côté électrique, comme le montre son moteur Thunder détenteur d’un record.
Notre avis
La technologie a du mérite, et le rendement annoncé impressionne. Nous restons pourtant partagés sur la démarche générale. Il faudrait d’abord arrêter d’entretenir la peur de l’électrique sur les longs trajets. Le réseau de recharge progresse vite, et les autonomies suivent la même courbe. Vendre un prolongateur comme la solution au problème revient à valider une angoisse largement dépassée. Les progrès récents sur des modèles courants le démontrent assez bien.
Un autre point mérite d’être posé clairement. Les véhicules à autonomie étendue offrent une porte d’entrée commode vers l’Europe. Les droits additionnels européens visent en effet les voitures 100 % électriques produites en Chine. Un modèle doté d’un prolongateur échappe à cette classification, donc à la surtaxe. Difficile de croire que ce paramètre soit absent des calculs. La technologie reste intéressante, mais son calendrier et sa cible interrogent.
