La Gordon Murray S1 a été révélée le 14 août 2026, au Quail. D’abord attendue comme une simple variante, elle s’impose comme un modèle à part entière. En effet, elle mise sur un V12 atmosphérique et une vraie boîte manuelle. Surtout, elle reprend la recette de la McLaren F1, dessinée par le même homme. Seuls 64 exemplaires verront le jour.
Gordon Murray S1 : l’héritage assumé de la McLaren F1
Impossible de comprendre cette voiture sans remonter à 1992. Cette année-là, Gordon Murray signe la McLaren F1.
Sa recette tient en quatre ingrédients. D’abord une position de conduite centrale, ensuite trois places. Puis un V12 atmosphérique, enfin une boîte manuelle.
La S1 reprend exactement ces quatre points. Pour des raisons de marque, le constructeur ne cite jamais la McLaren F1. Mais la filiation saute aux yeux.
La chaîne se lit d’ailleurs facilement. La F1 GTR remporte Le Mans en 1995. La S1 LM célèbre ensuite cette victoire, en cinq exemplaires. La S1 en découle directement.
Le constructeur pousse même le clin d’œil plus loin. Selon lui, les jantes inédites s’inspirent du show-car Monaco de 1992. Cet héritage nourrit aussi toute une culture de la supercar analogique.
Gordon Murray S1 : une S1 LM assagie, mais pas édulcorée
La S1 dérive directement de la plateforme de la S1 LM. Cette dernière célébrait la victoire de Gordon Murray au Mans en 1995. Elle se limitait à cinq exemplaires seulement.
La nouvelle venue change clairement de mission. Le grand aileron fixe disparaît, tout comme le long splitter avant. Les jupes latérales profondes s’effacent également.
Chaque panneau de carrosserie a d’ailleurs été redessiné. La silhouette gagne donc en pureté et en classicisme. Un système d’aéro active se cache désormais dans la poupe.
Gordon Murray assume pleinement ce virage. Selon lui, cette voiture doit permettre de relier Los Angeles à Monterey confortablement. Toutefois, elle conserve l’intensité et la réponse de la S1 LM.

Un V12 Cosworth de 4,2 litres qui monte à 12 100 tr/min
Le cœur de la S1 reste un V12 atmosphérique Cosworth. Sa cylindrée tombe à 4,2 litres, contre 4,3 sur la S1 LM. La puissance atteint jusqu’à 690 ch, à 12 100 tr/min.
Le bloc reçoit un équipement digne de la compétition. On y trouve des pistons allégés au carbure de silicium et des soupapes en titane. Les bielles en titane et le carter sec complètent la panoplie.
La courbe de couple change en revanche d’esprit. Le moteur délivre 80 % de son couple dès 2 500 tr/min. Il tient environ 500 Nm à 7 000 tr/min, donc la conduite devient bien plus coulée.
Une boîte manuelle à six rapports transmet le tout. Un sixième rapport long, dit touring, figure en série. Par ailleurs, le câblage de commande a été redessiné pour affiner la précision.

Gordon Murray S1 : le confort entre enfin dans l’équation
La garde au sol grimpe de 10 mm par rapport à la S1 LM. L’amortissement gagne en souplesse, sans sacrifier la précision de direction. La voie et la largeur restent identiques.
L’habitacle évolue tout autant. La position de conduite centrale demeure, comme sur la T.50. Trois places subsistent, mais les matériaux montent nettement en gamme.
Gordon Murray ajoute une isolation acoustique renforcée. Un système audio léger et sur mesure accompagne l’ensemble. Enfin, de nouvelles portes papillon à vitres descendantes remplacent les lucarnes de la S1 LM.
La direction assistée devient par ailleurs réglable. Le conducteur choisit donc entre douceur en croisière et retour d’information plus brut. Malgré ce confort accru, la marque vise un poids inférieur à celui de la T.50.
Notre avis
Chez techyourseat.fr, nous voyons ici une prise de position rare. Le marché pousse partout vers l’hybridation et les boîtes automatiques. Gordon Murray fait donc exactement l’inverse, avec méthode.
Le pari nous semble cohérent sur le fond. La S1 LM visait la performance pure et l’émotion brute. La S1 vise en revanche l’usage réel, sur de longues distances.
Une question reste ouverte : le prix. La marque ne communique aucun tarif à ce stade. Pour mémoire, un exemplaire de S1 LM a atteint 20,6 millions de dollars aux enchères.
La Monterey Car Week reste décidément le rendez-vous des raretés. Notre article sur le programme de BMW à Monterey le confirme.
