Le BYD Seal 06 bouscule un peu plus le marché chinois. Cette berline électrique affiche le gabarit d’une Tesla Model 3, mais un tarif deux fois inférieur. Batterie Blade de deuxième génération, charge annoncée en cinq minutes, deux niveaux de puissance : la fiche technique n’a rien d’anecdotique. Pourtant, ce modèle ne franchira sans doute jamais nos frontières. De quoi rappeler l’écart de compétitivité entre la Chine et l’Europe. Nos propres choix fiscaux méritent aussi un examen.
BYD Seal 06 : un gabarit de Model 3, un tarif de citadine
Commençons par les chiffres. La berline mesure 4,87 m de long et 1,89 m de large, pour 1,495 m de haut. Son empattement atteint 2,82 m. Ces cotes la placent au niveau d’une Tesla Model 3, voire légèrement au-dessus. Pourtant, le prix n’a rien de comparable. La version électrique démarre à 109 900 yuans, soit environ 14 100€. La déclinaison hybride rechargeable DM-i descend même à 12 800 €. En face, la Model 3 propulsion s’affiche autour de 235 500 yuans (Environ 30 200 €) en Chine. L’écart parle donc de lui-même, pour un encombrement quasiment identique.

Blade 2.0 et recharge éclair au programme
Sous le plancher, BYD installe sa batterie Blade LFP de deuxième génération. Deux capacités figurent au catalogue. Elles offrent respectivement 530 et 630 km d’autonomie en cycle CLTC. Attention toutefois : ce cycle chinois reste bien plus optimiste que le WLTP européen. Un moteur avant unique anime la voiture, en 120 ou 240 kW selon la finition. Surtout, le constructeur annonce une charge de 10 à 70 % en cinq minutes grâce à sa technologie Flash Charging. Ce rythme rappelle les promesses faites sur d’autres modèles de la marque. Elles avaient d’ailleurs déclenché une vive polémique en Chine, preuve que ces annonces méritent prudence.

Pourquoi le BYD Seal 06 ne viendra pas tel quel en Europe
Ne rêvons pas trop vite. Ce tarif s’explique par un marché chinois ultra-concurrentiel et par des volumes colossaux. En Europe, les normes d’homologation, les coûts logistiques et la fiscalité changent radicalement l’équation. L’Union européenne applique en effet des droits additionnels sur les voitures électriques produites en Chine. Le modèle devrait donc rester réservé à son marché domestique, du moins sous cette forme. BYD avance néanmoins chez nous avec d’autres produits, du haut de gamme Denza Z aux modèles de volume. La marque adapte sa gamme européenne plutôt que d’y transposer ses tarifs chinois.
Notre avis
Chez techyourseat.fr, une ironie nous saute aux yeux. Cette voiture ne viendra pas chez nous, et pas uniquement pour des raisons techniques. Les droits additionnels européens visent spécifiquement les voitures électriques produites en Chine. Les modèles hybrides et thermiques venus du même pays échappent, eux, à cette surtaxe. Le résultat paraît franchement paradoxal. Nous voulons accélérer l’électrification du parc, mais nous taxons justement les électriques les plus abordables.
Dans le même temps, plusieurs constructeurs chinois réorientent leur offre européenne vers l’hybride rechargeable. Le message envoyé à l’acheteur devient donc confus. Défendre l’industrie européenne reste évidemment légitime, et personne ne le conteste ici. Encore faut-il que l’outil choisi ne freine pas l’objectif climatique affiché. Reste enfin une inconnue de taille : la qualité perçue dans la durée. Nous attendrons donc les premiers retours clients avant tout jugement définitif.
Source : BYD
