BYD vient de franchir un cap symbolique en Chine. Le constructeur annonce 10 000 stations Flash Charging déployées en six mois. Ces bornes délivrent jusqu’à 1 500 kW, une puissance inédite. Elles couvrent désormais 325 villes chinoises. Le groupe vise 20 000 stations d’ici fin 2026. Surtout, un tiers des utilisateurs ne roulent pas en BYD. Le réseau devient donc un service ouvert. Voici ce que cela change vraiment.
BYD Flash Charging : un déploiement éclair
Le déploiement a démarré en mars 2026. Six mois plus tard, le compteur affiche 10 000 stations actives. D’abord concentré sur les grandes métropoles, le maillage couvre 325 villes. Les bornes atteignent 1 500 kW grâce à un refroidissement liquide. Selon BYD, elles font passer une voiture compatible de 10 à 70 % en cinq minutes. Ce rythme dépasse tout ce que l’industrie avait connu. Ensuite, le constructeur promet 2 000 stations autoroutières et 18 000 stations urbaines. L’objectif reste fixé à 20 000 points d’ici fin 2026.
Un réseau largement ouvert à la concurrence
BYD revendique 1,83 million d’utilisateurs inscrits sur son réseau. Le chiffre le plus parlant concerne toutefois leur provenance. En effet, près d’un tiers conduisent une voiture d’une autre marque. Le réseau ne sert donc pas seulement à fidéliser les clients maison. Il devient une infrastructure exploitée comme une activité à part entière. Cette stratégie tranche avec celle de Tesla, longtemps fermée. Par ailleurs, elle rappelle l’ouverture progressive des Superchargeurs en Europe. La recharge se transforme peu à peu en marché autonome.
L’alliance avec Sinopec accélère le rythme
Pour tenir son objectif, BYD s’appuie sur le pétrolier Sinopec. Le groupe chinois exploite plus de 30 000 stations-service dans le pays. Plutôt que de bâtir des sites neufs, BYD installe ses bornes chez lui. Le foncier existe déjà, tout comme les raccordements et les commerces. Ce choix réduit fortement les délais et les coûts. En revanche, il place la recharge au même endroit que le carburant. Le symbole reste fort pour les automobilistes chinois. La station-service devient ainsi le point de bascule vers l’électrique.
BYD Flash Charging attendu aussi en Europe
Le constructeur ne compte pas s’arrêter à la Chine. BYD annonce environ 3 000 points de charge en Europe. La presse spécialisée évoque 6 000 stations à l’international, au standard CCS2. Attention toutefois : les 1 500 kW relèvent d’une spécification propre au marché chinois. Une telle puissance exige en effet un raccordement électrique massif. BYD associe donc chaque station à un stockage tampon à décharge rapide. Cette batterie se recharge lentement, puis restitue la puissance à la demande. D’autres constructeurs avancent sur le même terrain. Nous avions détaillé les bornes à 1 000 kW de XPeng. L’architecture 1 000 volts de Geely poursuit la même logique.
Notre avis
L’avancée technologique reste réellement intéressante. Personne d’autre n’installe 10 000 stations en six mois. Toutefois, nous attendons de voir ce que cela donne sur la longueur. Une borne de 1 500 kW vieillit-elle bien ? Le taux de disponibilité tiendra-t-il après trois ans d’exploitation ? Surtout, la démonstration reste chinoise pour l’instant. Le vrai test se jouera ailleurs, en Europe notamment, où le raccordement change la donne. Nous jugerons donc sur pièces.
Source
BYD — communiqué de presse du 5 mars 2026 sur la Blade Battery 2.0 et le FLASH Charging
