Le litige entre BYD et un vidéaste chinois prend une tournure judiciaire. En cause : un test de charge rapide mené sur la batterie BYD de seconde génération. Le constructeur conteste la méthode employée. Le blogueur, lui, affirme avoir reçu la visite de la police.
Un test de charge rapide qui dérange
Tout commence en mai 2026, lors d’un direct sur les réseaux chinois. Le vidéaste Cai Shen Dao branche un Fangchengbao Tai 3 sur une borne rapide. Ce modèle embarque la batterie Blade de deuxième génération. Le test grimpe de 8 à 97 % de charge, sans interruption.
Cinq sondes de température sont fixées sur le pack. Selon le blogueur, elles relèvent un pic de 76,42 °C en surface. Le système de gestion affiche pour sa part environ 71 °C. Ces relevés proviennent du testeur, et non d’un laboratoire indépendant.
Batterie BYD : ce que conteste le constructeur
BYD juge le protocole peu rigoureux. Le constructeur estime notamment que des sondes externes ne mesurent pas la température réelle des cellules. Selon le média spécialisé CarNewsChina, le vidéaste affirme qu’une plainte a été déposée contre lui. La marque n’a pas commenté publiquement ce point précis.
Le débat dépasse pourtant le simple chiffre. Une batterie qui chauffe beaucoup pendant la charge inquiète forcément les acheteurs. En revanche, une mesure de surface reste très différente d’une mesure interne. La nuance est technique, mais elle change tout.
Une stratégie judiciaire assumée
Ce n’est pas un cas isolé. En mai 2026, un tribunal chinois a confirmé une condamnation contre le vidéaste « Long Ge Talks EVs ». Celui-ci doit verser environ 293 000 dollars et publier des excuses. La justice a estimé ses accusations non étayées.
Toujours selon CarNewsChina, BYD a engagé des poursuites contre sept comptes de créateurs. Le montant cumulé des demandes atteindrait 6,93 millions de yuans. Cela représente environ 1,02 million de dollars. Aucun autre constructeur chinois n’affiche un tel total.
La batterie BYD, un enjeu d’image mondial

BYD exporte désormais massivement vers l’Europe. Sa technologie Blade constitue un argument commercial majeur. Toute contestation publique de ses performances pèse donc sur la marque. D’ailleurs, la course à la charge ultra-rapide s’intensifie partout en Chine.
On l’a vu récemment avec la batterie Hongqi. Celle-ci passe de 10 à 70 % en moins de quatre minutes. La surenchère technique est bien réelle. Elle se joue aussi devant les tribunaux, désormais.
Notre avis
Chez techyourseat.fr, nous restons prudents sur ces relevés. Un test amateur ne remplace pas une procédure homologuée. Toutefois, la réponse judiciaire nous semble disproportionnée.
Un constructeur confiant publie ses propres données thermiques. Il invite ensuite des tiers à reproduire le protocole. Ce serait, à notre sens, bien plus convaincant qu’une plainte. La marque a déjà prouvé son savoir-faire, notamment avec la Denza Z vendue en France.
